Langue japonaise

Internet vous ment sur l’apprentissage du japonais

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Il y a une phrase que j’entends très souvent chez les personnes qui apprennent le japonais :

« Ça fait deux ans, trois ans que j’apprends et j’ai l’impression de stagner. Je n’aurai jamais un bon niveau. »

Et chaque fois, j’ai envie de poser la même question : mais qu’est-ce que ça veut dire, exactement, avoir un bon niveau ?

Parce que dès qu’on commence à creuser un peu, on se rend compte que les réponses varient.

« Je ne parle pas assez vite. »
« Je ne connais pas assez de kanji. »
« Je ne comprends toujours pas bien les vidéos que je regarde. »
« Mon japonais est encore trop scolaire. »
« Je cherche trop mes mots quand je parle. »

Toutes ces frustrations sont compréhensibles, mais elles ne viennent pas forcément d’un problème dans votre manière d’apprendre. Elles viennent aussi beaucoup de ce que vous voyez autour de nous, et Internet n’aide franchement pas.

Vous tombez sur quelqu’un qui vous explique qu’il a appris le japonais en six mois. Puis sur quelqu’un d’autre qui a obtenu le JLPT N1 en un an. Quelques vidéos plus tard, une publicité vous explique que les manuels ne vous apprennent pas « le vrai japonais » et qu’il existe une méthode bien plus efficace que tout ce que vous avez fait jusque-là. Forcément, au bout d’un moment, vous commencez à vous demander si vous n’avez pas complètement raté quelque chose.

Le risque est alors de ne plus mesurer ses progrès à partir de ses propres objectifs, mais à partir de ceux des autres.

Un « bon niveau », oui, mais pour faire quoi ?

On peut bien sûr mesurer certaines compétences en japonais. Son niveau de JLPT, sa connaissance des kanji, sa compréhension écrite, sa capacité à tenir une conversation… Mais lorsque quelqu’un me dit : « Cette personne a un super niveau de japonais », j’ai toujours envie d’ajouter : pour faire quoi ?

Une personne peut lire sans difficulté des romans japonais et manquer d’aisance à l’oral. Une autre personne peut discuter très naturellement avec ses amis, se débrouiller sans problème dans la vie quotidienne, puis paniquer devant un formulaire administratif. Quelqu’un peut posséder un vocabulaire très développé lié à son métier ou à ses passions et ne pas savoir lire des plats au restaurant.

Aucune de ces personnes n’a nécessairement un « meilleur » japonais que les autres. Elles ont développé des compétences différentes. C’est logique : nous n’apprenons pas tous le japonais pour les mêmes raisons.

Peut-être que votre objectif est de discuter pendant vos voyages. Peut-être que vous voulez jouer à des RPG sans attendre la traduction française, lire des bouquins sur une passion très spécifique, regarder des émissions japonaises, travailler au Japon ou simplement apprendre une langue parce que ça vous amuse.

Et votre objectif peut aussi changer avec le temps. Vous pouvez commencer le japonais à quinze ans parce que vous adorez les mangas et vous retrouver dix ans plus tard à vouloir l’utiliser professionnellement. Vous pouvez aussi commencer avec l’idée de devenir bilingue puis vous rendre compte qu’en fait, le niveau que vous avez atteint vous suffit largement pour profiter de vos voyages et de vos loisirs. Ces deux parcours sont parfaitement valables. D’ailleurs, je trouve qu’on ne parle pas assez de la deuxième possibilité.

Vous avez le droit d’être satisfait de votre niveau

Il existe une drôle d’idée autour de l’apprentissage des langues : une fois qu’on a commencé, il faudrait progresser éternellement.

Toujours apprendre plus de kanji.
Toujours enrichir son vocabulaire.
Toujours améliorer son accent.
Toujours chercher une nouvelle méthode plus efficace.

Mais vous avez aussi le droit d’apprendre le japonais… parce que c’est votre passe-temps.

On ne demande pas à quelqu’un qui joue du piano le dimanche de devenir concertiste. Je ne vois pas pourquoi chaque personne qui apprend le japonais devrait finir traductrice, chercheuse, salariée d’une entreprise japonaise ou créatrice de contenu spécialisée sur le Japon pour que son apprentissage ait de la valeur. Vous pouvez très bien arriver à un niveau où vous vous dites : « Bon, là, ça me suffit. »

Vous discutez avec vos amis japonais. Vous comprenez les contenus qui vous intéressent. Vous voyagez sans trop de difficultés. De temps en temps, vous reprenez quelques cours ou vous révisez un peu pour ne pas perdre. Et c’est très bien. Sauf que ce parcours-là ne fait pas rêver les algorithmes. « J’ai appris le japonais pendant trois ans et maintenant je me débrouille pas trop mal, ça me convient » est forcément moins spectaculaire que : « J’ai appris le japonais en 6 mois ! »

C’est souvent à ce moment-là que la comparaison commence.

« J’ai appris en autant de temps » ne veut pas dire grand-chose

Il existe une différence importante entre : « J’apprends le japonais depuis six mois » et « J’ai appris le japonais en six mois ». Je ne suis pas en train de chercher à déterminer à partir de quel niveau quelqu’un aurait officiellement le droit de dire qu’il « sait » parler japonais. Ce serait complètement contradictoire avec tout ce que je viens d’écrire (le fait que chacun possède ses propres objectifs). Ce qui me dérange, c’est ce que la formulation laisse entendre.

Après six mois, vous avez peut-être appris les kana, beaucoup de vocabulaire, les principales bases grammaticales et suffisamment de phrases pour commencer à vous débrouiller dans certaines situations. C’est énorme. Pourquoi est-ce qu’on aurait besoin de transformer ça en exploit spectaculaire pour que ce soit intéressant ?

Je suis persuadée que les débutants préféreraient voir davantage de contenus du type : « Voilà ce que je suis capable de faire après six mois. Voilà ce que j’ai trouvé difficile. Voilà ce que je comprends maintenant, et voilà ce que je ne comprends toujours pas. » Parce qu’au moins, on sait de quoi on parle.

Lorsque vous voyez une vidéo intitulée « J’ai appris le japonais en six mois », vous ne savez pas forcément ce que son auteur entend par là. La personne a peut-être progressé très rapidement et atteint une réelle autonomie dans de nombreuses situations. Ou peut-être que sa définition de « savoir parler japonais » est très différente de la vôtre.

Prononcer plusieurs phrases préparées, disposer d’un vocabulaire conséquent sur Anki ou réussir certains exercices sont de vraies compétences. Elles ne permettent simplement pas, à elles seules, d’évaluer la maîtrise globale d’une langue.

C’est pourquoi des affirmations comme « j’ai appris le japonais en six mois », « je parle couramment » ou « je suis bilingue » sont de mauvais outils pour mesurer sa propre progression. Non parce que les personnes qui les utilisent mentent nécessairement, mais parce que ces expressions sont tellement larges qu’elles ne devraient pas devenir une règle avec laquelle mesurer vos propres progrès !

Six mois de japonais, ça ne veut rien dire tout seul

Même si nous pouvions comparer précisément les compétences de deux apprenants, il resterait un problème majeur : la durée seule nous apprend très peu de choses. Six mois à raison de vingt minutes par jour et six mois à raison de huit heures par jour représentent des expériences d’apprentissage totalement différentes. Il faut également tenir compte du contexte !

Quelqu’un qui vit au Japon, utilise la langue quotidiennement, suit une école de langue et peut consacrer plusieurs heures par jour à son apprentissage n’est pas dans les mêmes conditions qu’une personne qui ouvre son manuel trente minutes le soir après sa journée de travail. Il y a aussi tout ce qu’on ne voit pas. Est-ce que la personne avait déjà étudié le japonais auparavant ? Est-ce qu’elle a suivi des cours particuliers ? Est-ce qu’elle vit avec des Japonais ? Est-ce qu’elle travaille beaucoup plus certaines compétences que d’autres ?

Avant de comparer les durées, il faudrait comparer les heures de travail, les conditions, le niveau de départ, les compétences travaillées et les objectifs. Autant dire qu’on n’a presque jamais toutes ces informations dans une vidéo de dix minutes.

Alors, si quelqu’un obtient en un an un résultat qui vous en a demandé trois, cela ne signifie pas nécessairement que vous êtes en retard. Et parfois, la meilleure chose à faire quand quelqu’un annonce fièrement « JLPT N2 en un an ! » et que ça vous met un coup au moral, c’est simplement de se demander : « Attends… est-ce que moi, je voulais passer cet examen ? ». Parce qu’il arrive qu’on se mette soudain à se sentir en retard sur un objectif… qu’on n’avait même pas.

Là où ça m’agace davantage : quand cette peur devient un argument de vente

Jusque-là, on peut encore dire que c’est Internet. Les titres sont exagérés, les miniatures aussi, les gens racontent leur expérience de la manière la plus accrocheuse possible. Là où je trouve les choses plus problématiques, c’est lorsqu’on profite de cette peur d’être nul, lent ou en retard pour en faire un argument marketing.

Le mécanisme est extrêmement efficace. On commence par vous expliquer que tout ce que vous faites est mauvais. Votre manuel est dépassé. Vos cours ne servent à rien. Votre professeur vous enseigne mal. Et les deux ou trois années que vous avez déjà passées à étudier ? Dommage : apparemment, personne ne vous avait encore révélé comment apprendre correctement. Puis arrive la solution… qui est généralement payante.

Et je comprends parfaitement pourquoi ça fonctionne. Personne n’a envie d’entendre « ah, mais personne ne parle comme ça ! » après plusieurs années d’apprentissage. Cette stratégie ne joue pas uniquement sur votre ambition, elle s’appuie aussi sur votre d’avoir perdu du temps. Si vous avez déjà l’impression d’être en retard, une formation qui proposerait la solution miracle devient beaucoup plus séduisante.

C’est dans ce contexte que revient régulièrement une autre expression : le « vrai japonais ».

Et puis il y a ce fameux « vrai japonais »

Je crois que cette expression fait partie de celles qui m’agacent le plus dans le contenu sur l’apprentissage des langues.

« Les manuels ne vous apprennent pas le vrai japonais. »
« Apprenez enfin comment parlent réellement les Japonais. »

Mais c’est quoi, du coup, le faux japonais ? Le japonais poli ? Le japonais écrit ? Le japonais professionnel ?

Parce que très souvent, quand quelqu’un promet de vous apprendre « le vrai japonais », il va surtout vous montrer du japonais familier, des contractions de l’oral, de l’argot ou des expressions que les manuels pour débutants n’introduisent pas immédiatement. Ce sont des connaissances utiles. Elles peuvent même devenir indispensables selon vos objectifs… mais elles ne sont pas plus authentiques que le reste de la langue.

Le japonais en です・ます, ce n’est pas une invention sadique des auteurs du Minna no Nihongo. Les Japonais l’utilisent tous les jours. Dans les magasins. Au travail. Lorsqu’ils rencontrent quelqu’un pour la première fois. Dans énormément de situations complètement banales. Alors, oui, les phrases présentes dans les manuels peuvent certes sembler plus rigides. C’est en partie lié à leur fonction pédagogique : elles doivent isoler une structure grammaticale et permettre de la comprendre avant de multiplier les variations. Quand on vous apprend なければなりません, l’objectif est d’abord de vous faire comprendre la construction. La phrase d’exemple n’a pas forcément vocation à reproduire exactement ce qu’un étudiant de vingt ans dira à son meilleur pote après trois bières un samedi soir. Elle peut être pédagogique sans être fausse.

Il n’existe pas une seule manière naturelle de parler japonais

Parler du « vrai japonais » suppose également qu’il existerait une façon unique et authentique de parler la langue. Ce n’est pas le cas. On ne parle pas de la même manière avec son patron et son meilleur ami. Ni avec sa grand-mère, un client, son conjoint ou quelqu’un qu’on vient de rencontrer. On n’écrit pas non plus comme on parle.

Un lycéen d’Osaka et une employée de bureau de cinquante ans à Tokyo n’utiliseront probablement pas les mêmes expressions. Alors lequel parle le « vrai japonais » ? Les deux.

Au début de l’apprentissage, nous développons tous un socle relativement commun : les syllabaires, les bases grammaticales, du vocabulaire et les structures indispensables pour comprendre le fonctionnement de la langue. Ensuite, notre japonais commence à prendre des directions différentes en fonction de ce qu’on lit, de ce qu’on regarde, des gens avec qui on parle, de notre métier, de nos études et de nos passions. Vous pouvez donc rencontrer quelqu’un capable de vous lire un bouquin obscur sur la bataille de Sekigahara mais qui bégaie dès qu’il faut faire la conversation pendant une soirée. À côté, quelqu’un se fera trois amis en dix minutes dans un izakaya avant de perdre tous ses moyens devant le formulaire pour ouvrir un compte bancaire.

Ce n’est pas incohérent. Ces deux personnes ont simplement développé des compétences différentes.

Le japonais familier n’est pas automatiquement du japonais « plus naturel »

C’est aussi pour ça que je suis assez prudente avec les contenus qui encouragent les débutants à abandonner très vite le japonais poli pour parler « comme les Japonais ».

Pour un débutant, utiliser un registre légèrement trop poli est souvent moins problématique que reprendre des expressions très familières sans en comprendre les nuances. Dans le premier cas, on trouvera peut-être son japonais un peu rigide (c’est le fameux apprenant de français qui vous sort soudain une phrase digne de Molière pour demander où se trouve la gare). C’est amusant, mais pas dramatique. Dans le second cas, vous pouvez réellement paraître brusque, sec ou insolent sans comprendre ce qui pose problème.

Pour moi, l’une des compétences les plus importantes en japonais consiste à savoir quel registre utiliser, avec qui et dans quelle situation. Et ça, désolée, il n’y a pas de raccourci magique. Il faut du temps ! Ça se construit progressivement, au contact de situations variées. Vous allez entendre une structure que vous connaissez sous une forme contractée. Puis remarquer que telle expression s’utilise surtout entre amis. Puis découvrir qu’une autre apparaît constamment au travail mais jamais avec vos proches. Petit à petit, tout cela commence à se mettre en place, donc soyez patients avec vous-mêmes.

Méfiez-vous donc des discours qui cherchent à vous convaincre que vous auriez raté les véritables « secrets » du japonais et que toutes les bases construites jusqu’ici seraient inutiles.

Comment reconnaître une méthode sérieuse ?

Je précise tout de même : je ne suis absolument pas contre les formations, les cours particuliers ou le contenu pédagogique payant. Ce serait légèrement hypocrite de ma part puisque j’ai moi-même écrit un manuel et que je crée du contenu pour apprendre le japonais. Il existe d’excellents professeurs et d’excellentes formations. Le problème n’est donc pas qu’on vous vende quelque chose, c’est ce qu’on vous promet pour vous convaincre de l’acheter.

Plus la promesse est spectaculaire, plus vous avez le droit de demander ce qu’elle signifie concrètement. Une méthode sérieuse n’a pas besoin de prétendre qu’elle convient à tout le monde.

Si une formation promet de vous faire « parler couramment », demandez ce que cela signifie concrètement.

Si elle affirme fonctionner pour n’importe quel apprenant, interrogez-vous sur sa capacité à répondre aux besoins de personnes qui n’ont ni le même niveau, ni les mêmes objectifs, ni le même temps disponible.

Si elle se présente comme révolutionnaire, cherchez à comprendre ce qu’elle apporte réellement de nouveau.

Enfin, si toute sa communication consiste à expliquer que les autres méthodes sont inutiles, demandez-vous pourquoi elle a besoin de les dévaloriser pour démontrer sa propre efficacité.

Une méthode peut être excellente pour certaines personnes et mauvaise pour d’autres. Cela ne signifie pas nécessairement qu’elle est mal conçue. Elle correspond simplement à certains besoins, certaines habitudes de travail et certains objectifs.

Vérifiez aussi les compétences de la personne qui vous enseigne

Lorsqu’une personne affirme pouvoir vous accompagner jusqu’à un niveau avancé, je trouve également normal de regarder un minimum ce que cette personne sait elle-même faire en japonais. Pas besoin d’exiger un CV de ministre. Mais si vous allez lui confier plusieurs mois de travail et votre argent, vous pouvez quand même vérifier ce qu’elle comprend, ce qu’elle produit et la manière dont elle explique la langue.

Être très bon sur Instagram ne constitue pas encore une certification linguistique. La transparence est souvent plus rassurante que les promesses spectaculaires.

Faut-il arrêter de se comparer aux autres ?

Pas nécessairement, et je pense même que la comparaison peut être très utile.

Voir quelqu’un progresser peut donner envie de travailler davantage. Découvrir la méthode d’un autre apprenant peut apporter de nouvelles idées. Observer une personne capable de faire quelque chose que l’on ne maîtrise pas encore peut même faire apparaître un nouvel objectif.

Si vous voyez quelqu’un parler beaucoup mieux que vous après une période d’apprentissage plus courte et que votre seule conclusion est « je suis nul(le) », cette comparaison ne vous apporte rien. Regardez plutôt ce qu’il fait. Peut-être qu’il travaille énormément son oral et que vous trouverez une technique intéressante à reprendre. Vous pouvez aussi découvrir une méthode de mémorisation qui vous plaît, une manière différente de prendre vos notes ou une ressource que vous ne connaissiez pas. Vous n’êtes pas obligé d’adopter tout le programme de quelqu’un simplement parce qu’une partie fonctionne bien.

C’est d’ailleurs comme ça que j’aime utiliser les conseils des autres : je pioche. Ça, je garde. Ça, pas du tout. Ça, éventuellement. Et ça, même si c’est efficace pour cette personne, je sais très bien que je n’aurai jamais envie de le faire tous les jours pendant deux heures.

La comparaison devient beaucoup plus saine lorsqu’elle sert à enrichir sa propre méthode plutôt qu’à décider qui est « meilleur ».

Parce qu’il y aura toujours quelqu’un qui parle mieux que vous.

Quelqu’un qui apprend plus vite.

Quelqu’un qui a obtenu un examen plus tôt.

Quelqu’un qui connaît quinze mille kanji pendant que vous essayez encore de vous rappeler si celui-ci se lit しょう ou せい.

Vous ne gagnerez jamais ce concours-là.

Regardez aussi votre propre progression

Le meilleur point de comparaison reste souvent beaucoup moins spectaculaire : vous, quelques mois plus tôt.

Une vidéo qui vous semblait incompréhensible il y a six mois est-elle devenue plus accessible ?

Comprenez-vous aujourd’hui une vidéo qui vous semblait inaccessible auparavant ?
Cherchez-vous moins vos mots lorsque vous parlez ?
Reconnaissez-vous davantage de kanji ?
Pouvez-vous lire plus longtemps avant de fatiguer ?
Comprenez-vous certaines phrases sans devoir les traduire mentalement ?

Ce sont souvent ces petits changements qu’on oublie de regarder, parce qu’il se construisent progressivement. On s’habitue très vite à ce qu’on sait faire aujourd’hui et on oublie complètement que c’était difficile quelques mois auparavant.

Vous n’avez rien à prouver avec votre japonais

S’il y a une seule chose que j’aimerais que vous reteniez, c’est probablement celle-ci.

Vous n’avez pas besoin d’apprendre plus vite que les autres pour que votre apprentissage ait de la valeur.

Vous n’avez pas besoin de connaître toutes les expressions du japonais d’Internet pour parler du « vrai japonais ».

Vous n’avez pas besoin d’habiter au Japon, de devenir traducteur ou d’utiliser la langue dans votre travail pour avoir le droit de prendre votre apprentissage au sérieux.

Vous pouvez viser le N1, vouloir lire Mishima dans le texte, travailler dans une entreprise japonaise ou atteindre un niveau qui impressionnera votre belle-mère. Avoir de l’ambition est une bonne chose, à condition qu’elle repose sur ce que vous souhaitez être capable de faire, et non sur la peur d’être moins bon qu’un autre apprenant ou d’avoir pris du retard.

Il n’existe pas un niveau unique que tous les apprenants devraient atteindre pour avoir enfin le droit de se considérer comme « bons en japonais ».

Si votre japonais vous permet déjà de faire une bonne partie de ce qui vous avait donné envie de commencer à apprendre cette langue, il est peut-être temps de reconnaître qu’il n’est finalement pas si mauvais.

Couverture du livre Susume! Manuel de japonais pour autodidactes
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En savoir plus sur Angélique Mariet (TOKIMEKI) | Traductrice et interprète japonais–français

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